There’s a peculiar stillness that hangs over Paris at dawn. The city, so often alive with noise and urgency, lingers in a rare hush. It’s in this quiet hour that I lace up my shoes and step into the gentle gray of Parc Monceau, where the city has not fully woken.

Here, among gravel paths and dew-dusted trees, I run. Not for the pursuit of speed or sculpted form, but for something less visible—something felt.

I took a photo once—an early morning scene in the park. Runners gliding by, each alone in their rhythm, yet bound together by a silent pact. We do not speak. We do not wave. But in each footfall echoing against the path, there is a soft and certain inaudible voice: You are not alone.

There’s a comfort in that—a kind of quiet comradery. We, strangers, are united by the same impulse to greet the day on foot, to move before the city demands anything from us. It feels like a wordless offering, each of us contributing to an invisible collective: a shared presence, a shared breath, a shared beginning.

To some, a morning run is about discipline, about chasing the better self. But for me, it is about something gentler. It’s about the solace of shared solitude. The knowledge that someone else, unknown yet familiar, chose to rise with you. That in the vastness of the city, your pace is mirrored, your intention echoed.

And so I run—not to leave others behind, but to run with them. To be part of a quiet, moving congregation of morning hearts.

 

[version française] 

Il règne sur Paris, à l’aube, une étrange tranquillité. La ville, si souvent pleine de bruit et d’urgence, semble suspendue dans un rare silence. C’est dans cette heure calme que j’enfile mes chaussures et que je pénètre dans le gris doux du parc Monceau, là où le monde ne s’est pas encore complètement éveillé.

Là, parmi les allées de gravier et les arbres perlés de rosée, je cours. Non pas pour la vitesse ou la forme du corps, mais pour quelque chose de moins visible—quelque chose que l’on ressent.

Un jour, j’ai pris une photo—une scène du parc au petit matin. Des coureurs passaient, chacun dans son propre rythme, mais liés par un pacte silencieux. On ne se parle pas. On ne se salue pas. Et pourtant, à chaque foulée qui résonne sur le chemin, on entend une voix douce et muette : Tu n’es pas seul. 

Il y a du réconfort dans cette idée—une forme de camaraderie tranquille. Nous, inconnus, sommes unis par la même impulsion : saluer le jour à pied, bouger avant que la ville ne commence à exiger quoi que ce soit de nous. Cela ressemble à une offrande sans mots, chacun de nous apportant sa présence à un collectif invisible : une présence partagée, un souffle partagé, un commencement commun.

Pour certains, la course matinale est une question de discipline, une poursuite de soi amélioré. Mais pour moi, c’est quelque chose de plus doux. C’est le réconfort d’une solitude partagée. La certitude que quelqu’un d’autre, inconnu mais familier, a choisi de se lever avec vous. Que dans l’immensité de la ville, votre rythme trouve un écho, votre intention un reflet.

Alors je cours—non pas pour laisser les autres derrière, mais pour courir avec eux. Pour faire partie d’une assemblée discrète, en mouvement, de cœurs matinaux.

 

 

 

Yoseb Kang