In a documentary I watched once, a group of Kenyan runners began their morning run just as the first light touched the red soil. But what surprised me wasn’t their speed. It was their stillness. They moved slowly (from their standard, of course), with grace and calm, as if tuned in to something deeper than pace or time. One of them said, “We try to feel the rhythm between our heart, our foot, and the earth.”

No watches. No gadgets. No competition. Just breath, body, and ground—working together in quiet harmony.

That image stayed with me. And eventually, it changed something in me.

I stopped wearing my sports watch. The one that used to track everything—heart rate, speed, elevation, recovery time. I realized that every run was starting to feel like a test. Every movement, something to evaluate. Instead, I slipped on an old field watch. It doesn’t track anything except the present moment.

Since then, I move differently. I run when I feel like running. I stretch for longer. I lift with the weight, not against it. No personal records, just the feeling of muscle meeting gravity and breath staying steady. There’s no data waiting for me at the end. Just the memory of how it felt and the will to go a little further. 

And it feels real.

I started to think about food the same way. For a long time, I saw eating as another thing to manage—macros, calories, clean vs. cheat. It’s exhausting, always chasing some invisible balance. Now I just ask: Am I hungry? Does this feel good in my body? Does it make me feel nourished, not just full? I stopped punishing myself for craving comfort and started listening to what feels like care.

In a world that constantly asks us to measure, optimize, and prove—how fast we move, how clean we eat, how productive we are—there’s something quietly powerful about doing things just because they feel right.

I believe in that kind of freedom. The freedom to move without tracking. To eat without guilt. To be present in your body, not always trying to fix or upgrade it.

So if you ever feel tired of the numbers, step away from them. Run without a goal. Dance without a mirror. Lift without counting. Eat without the side of shame. Let your heart, your foot, your hunger, and the earth find their rhythm again.

Some of the most meaningful miles don’t count on your watch. Some of the best meals aren’t measured. But your body remembers them. And your spirit does too.

[version française] 

Dans un documentaire que j’ai vu un jour, un groupe de coureurs kenyans commençait sa course matinale juste au moment où la première lumière touchait la terre rouge. Mais ce qui m’a surpris, ce n’était pas leur vitesse—c’était leur calme. Ils avançaient lentement (selon leurs standards, bien sûr), avec grâce et sérénité, comme s’ils étaient à l’écoute de quelque chose de plus profond que le rythme ou le temps. L’un d’eux disait : « Nous essayons de sentir le rythme entre notre cœur, notre pied et la terre. »

Pas de montres. Pas de gadgets. Pas de compétition. Juste le souffle, le corps et le sol—travaillant ensemble dans une harmonie silencieuse.

Cette image m’est restée. Et avec le temps, elle a changé quelque chose en moi.

J’ai arrêté de porter ma montre de sport. Celle qui suivait tout—le rythme cardiaque, la vitesse, l’altitude, le temps de récupération. Je me suis rendu compte que chaque course commençait à ressembler à un examen. Chaque mouvement devenait quelque chose à évaluer. Alors, j’ai mis à mon poignet une vieille montre de terrain. Elle ne suit rien, sauf le moment présent.

Depuis, je bouge autrement. Je cours quand j’en ai envie. Je m’étire plus longtemps. Je soulève avec le poids—et non contre lui. Pas de records personnels, juste la sensation du muscle qui rencontre la gravité, et le souffle qui reste régulier. Aucun chiffre ne m’attend à la fin. Juste la mémoire de ce que j’ai ressenti, et l’envie d’aller un peu plus loin.

Et cette sensation est vraie.

J’ai commencé à penser à la nourriture de la même manière. Pendant longtemps, manger était devenu une gestion de plus—macronutriments, calories, sain contre “écart”. C’est épuisant, cette course vers un équilibre invisible. Maintenant, je me demande simplement : Ai-je faim ? Est-ce que cela me fait du bien ? Est-ce que cela me nourrit, au-delà de me remplir ?
J’ai cessé de me punir pour avoir envie de réconfort, et j’ai commencé à écouter ce qui ressemble à du soin.

Dans un monde qui nous demande sans cesse de mesurer, d’optimiser, de prouver—à quelle vitesse on bouge, à quel point on mange “propre”, à quel degré on est productif—il y a quelque chose de discrètement radical dans le fait de faire les choses simplement parce qu’elles nous semblent justes.

Je crois en cette forme de liberté. La liberté de bouger sans traque. De manger sans culpabilité. D’habiter son corps sans vouloir constamment le corriger ou l’améliorer.

Alors si un jour vous êtes fatigué(e) des chiffres—éloignez-vous-en. Courez sans objectif. Dansez sans miroir. Soulevez sans compter. Mangez sans la honte en arrière-plan. Laissez votre cœur, votre pied, votre faim, et la terre retrouver leur rythme ensemble.

Certaines des distances les plus significatives ne s’affichent pas sur une montre. Certains des meilleurs repas ne se mesurent pas. Mais votre corps s’en souvient. Et votre esprit aussi.

Yoseb Kang